lundi 30 avril 2007

QUE SERA DONC LA FRANCE DE SARKO???

AUX URNES CITOYENS
LE TEMPS DE LA REVOLUTION EST ARRIVÉ

Sarkozy: ça ment comme ça respire

Découvrez les mensonges et les contradictions de sarkozy. Vous comprendrez bien que seul le pouvoir l'intéresse. A Neuilly sur seine le petit nicolas est devenu vite l'enfant gaté qui a des caprices pour devenir président

vendredi 27 avril 2007

A FORCE DE SUR-AIMER LES CAMÉRAS

C'EST DÉJÀ LE DÉBUT D'UNE LONGUE CONFRONTATION

jeudi 26 avril 2007

Les libertés réprimées au "pays de la liberté"


La Ligue des droits de l'homme dénonce une "régression continuelle des libertés" en 2006
LEMONDE.FR avec AFP | 26.04.07 | 17h59 • Mis à jour le 26.04.07 | 17h59

La Ligue des droits de l'homme (LDH) a présenté, jeudi 26 avril, l'édition 2007 de son Etat des droits de l'homme en France, déplorant une "régression continuelle des libertés" et condamnant particulièrement le bilan de Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la présidence et ex-ministre de l'intérieur. Qualifiant la "vision du monde" de M. Sarkozy d'"absolument terrifiante", le président de la LDH, Jean-Pierre Dubois, a laissé peu de suspense sur la prise de position du comité central samedi dans le duel Nicolas Sarkozy-Ségolène Royal. "Il faut réagir avant qu'il ne soit trop tard", a-t-il martelé jeudi, parlant de "grave régression en matière de droits fondamentaux depuis cinq ans".


"La politique législative de course au sécuritaire à dominante xénophobe sacrifie au report de voix d'extrême droite les droits des étrangers, l'humanité élémentaire et, au bout du compte, les libertés de tous", écrit Jean-Pierre Dubois en introduction de ce bilan publié aux éditions La Découverte et constitué d'une série d'articles brefs évoquant les questions ayant interpellé la Ligue tout au long de l'année 2006, qu'elles concernent la justice, le racisme, la citoyenneté ou l'immigration.

Revenant sur plusieurs événements, comme l'expulsion de Cachan, la multiplication des tentes de sans-abris, la promulgation-abrogation du CPE, ou l'affaire d'Outreau, la LDH fait le constat d'une "aggravation de la crise sociale", d'un "approfondissement de la crise institutionnelle" et d'une "extension de la crise éthique" qui "se répand au rythme de la contamination de l'ordre républicain par l'agenda lepéniste".

"LES LIBERTÉS ET L'ÉGALITÉ ONT RÉGRESSÉ DE CONCERT EN 2006"

Elle déplore les effets de plusieurs lois votées en 2006, notamment la loi du 31 mars sur l'égalité des chances qui a signifié selon elle "stigmatisation, sanctions, alourdissement des difficultés pour les familles et les jeunes les plus fragiles" ou la nouvelle loi sur l'immigration du 24 juillet. "L'année 2006, plus encore que les précédentes, fut une très mauvaise année pour les étrangers vivant sur le sol français", estime M. Dubois, selon lequel "la chasse aux sans-papiers s'est intensifiée au rythme de la précampagne présidentielle du ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, avec son volet 'chasse aux enfants' particulièrement insupportable".

Par ailleurs, elle met en garde contre la loi de prévention de la délinquance, "point d'orgue de cinq ans de mise en œuvre législative de pans entiers du programme de Le Pen" qui risque selon elle de "préfigurer un véritable basculement de notre société", désignant M. Sarkozy comme "son auteur réel". "Le ministre de l'intérieur, qui se mêle déjà de justice, de santé, d'éducation, de logement, a encore une fois asséné ses conceptions : la prévention, l'éducation, c'est la sanction".

"Les libertés et l'égalité ont ainsi régressé de concert en 2006, au profit non d'une sécurité durable mais d'une idéologie sécuritaire qui augmente l'insécurité qu'elle prétend combattre", affirme encore l'organisation, qui déplore que certains policiers "ne respectent pas les droits des citoyens" et "se sentent sinon couverts, du moins rarement inquiétés, dans le climat crée par les provocations ministérielles".

La LDH se félicite en revanche de l'avènement en 2006 de "résistances symboliques mais aussi militantes", saluant notamment la "retentissante victoire contre le CPE" et le combat du Réseau éducation sans frontières (RESF) pour protéger les familles sans-papiers grâce au "recours légitime à la désobéissance citoyenne".

mercredi 25 avril 2007

LE COMMERCE EQUITABLE, FAIR TRADE



LE PROGRAMME DU FORUM

Conférences et ateliers
Animations
Moments forts


VENDREDI 27 AVRIL

11h00 – 12h30 Discours d’ouverture et état des lieux du commerce équitable

Conférence animée par Vincent David
Ouverture institutionnels

Christian Sautter, Mairie de Paris
Gilles Beville, Ministère des Affaires Etrangères
Francine Bavay, Conseil Régional d’Ile de France
Ouverture des co-organisateurs

David Giffard, Groupe SOS
Victor Ferreira, Max Havelaar
Georges d’Andlau, PFCE
Mots des partenaires

Eric Flamand, SNCF
Pierre-Olivier Bernière, Groupe La Poste
Sébastien Marinot, Crédit Coopératif
Jean-Philippe Poulnot, Chèque Déjeuner
Etat des lieux : les tendances du marché, point sur la consommation, les enjeux du commerce équitable et interpellation des candidats à la présidentielle

Victor Ferreira, Max Havelaar
Laurent Levard, Fédération Artisans du Monde
Hugues Toussaint, PFCE

12h30 – 13h00
Point presse suivi d'un cocktail

14h00 – 16h00
Conférence "Les nouveaux défis du commerce équitable"
Le commerce équitable est de plus en plus reconnu du grand public, suscite de plus en plus d’intérêt mais également de plus en plus d’attentes.entre la nécessité de proposer des produits adaptés aux marchés occidentaux, la nécessité d’offrir des garanties crédibles, et le risque de récupération du concept, comment le commerce équitable peut il aboutir à faire changer les pratiques du commerce mondial ? Petit retour sur les défis à venir.

Conférence animée par Vincent David
Christophe Alliot, FLO/Max Havelaar France
Frédéric de Sousa Santos, PFCE
Jean-Marc Brunet, Max Havelaar France
Arturo Palma Torres

14h00 – 15h30
Atelier "Les premières étapes d’une démarche du Commerce Equitable : l’exemple de la SNCF"

Sylvie Leveillard, SNCF
Un représentant de Max Havelaar France
Hélène Sarfati-Leduc, Yamana

14h00 – 16h00
Atelier "Impliquez votre entreprise : les actions au quotidien"
On passe au moins 35h par semaine au sein d’une entreprise : c’est un lieu privilégié de développement de la consommation équitable. Que ce soit via les comités d’entreprise, par la visibilité que les entreprises peuvent offrir auprès du grand public, ou encore en s’impliquant dans l’achat responsable, l’atelier donne des clés aux dirigeants et salariés pour passer à l’action. Focus sur l’offre et témoignage d’expériences réussies.

Michel Auzet, Crédit Agricole
Daniel Baumgarten, Séché Environnement
Pierre-Olivier Bernière, Groupe La Poste
Roger Parisot, Comité d’entreprise SNECMA

16h30 – 18h00
Conférence "Quelles stratégies pour le développement du commerce équitable ?"
Quelles filières développer ? Quels modes de distribution adopter ? De l’amont à l’aval, plusieurs stratégies de développement coexistent. Une conférence pour analyser et comprendre ces stratégies selon les différences et complémentarités des acteurs.

Nana Mimouna, productrice de beurre de karite, Burkina Faso
Alexis Krycève, Alter Eco
Rosa Guaman, productrice de plantes aromatiques– Christophe Eberhart, Ethiquable
Nicolas Gottry, Fédération Artisans du Monde
Muriel Chalamel, Intermarché

15h30 – 16h00
Atelier "Engagement des collectivités territoriales : pourquoi, comment ?"
La modification du code des marchés publics permettant de prendre en compte les critères du commerce équitable dans les achats publics a rendu le rôle des collectivités locales intéressant en faveur du CE. Entre expériences vécues et exemples concrets, un atelier pour montrer comment concilier achats publics et responsabilité sociale.

Atelier animé par Didier Bergeret, Auxilia
Yannick Leroy, CUD
Florence Fresnault, Tours
Ari Brodach, Mairie de Lille
Cyril Brites, Solidar'Monde
Robert Cahlik, Cahlibio

17h00 – 18h00
Atelier "L'accompagnement des porteurs de projet, aides et outils"
Développer un projet efficace et utile socialement ? une idée séduisante, mais où seule la bonne volonté ne suffit pas. Un atelier destiné aux potentiels entrepreneurs, pour faire le plein de conseils utiles pour devenir son propre employeur dans le commerce équitable.

Atelier animé par Nicolas Froissard, Groupe SOS
Catherine Sid, APCE
Emilie Wietzhe, NEF
Un représentant du Réseau Entreprendre
Nicolas Messio, Alter Mundi
Rachel Liu, Ideo

17h30 – 18h30
Atelier "Chèque déjeuner"
SOL est une monnaie solidaire dont l’objectif est de créer une communauté d’échange fondée sur des valeurs de partage et de développement. Chèque Déjeuner, à l’origine du projet, explique lors de cet atelier le fonctionnement de cette monnaie alternative.

SAMEDI 28 AVRIL

10h30 – 12h00
Conférence "Monter une activité en commerce équitable : de l'envie au projet"
Le rendez vous des futurs entrepreneurs, dans un format plus large que l’atelier du vendredi, pour répondre aussi aux attentes du grand public.

– Stéphane Comar, Ethiquable
Pierre Malavielle, Franchisé Alter Mundi Lille
Alexandra Coiffe, membre de Paris Réseau Développement Durable
Chantal Mainguené, Les Boutiques de Gestion/Le Geai
Jean-Michel Youinou, Crédit Coopératif

10h30 – 12h00
Atelier "Quelles garanties pour le commerce équitable ?"
Plusieurs systèmes de garantie coexistent aujourd’hui. Garantie pour les producteurs de bénéficier de conditions d’échange équitable, garantie pour les consommateurs que leur acte d’achat a effectivement du sens, cette question est un enjeu essentiel pour la crédibilité du secteur.

Atelier animé par Karine Besse, Altermondes
Christophe Alliot, Max Havelaar France – Un représentant de la Fédération Artisans du Monde

14h00 – 15h30
Conférence "Comment mesurer et renforcer l'impact au sud ?"
L’achat équitable se démocratise, mais pas à n’importe quel prix. Les consommateurs veulent à juste titre savoir dans quelle mesure le commerce équitable tient ses promesses. En présence de producteurs du Sud, une conférence pour entrevoir la réalité de ce qu’un commerce plus juste signifie pour eux.

Conférence animée par David Eloy, Altermondes
Isabelle Vagneron, CIRAD
Jean-Jacques Boutrou, AVSF
Damien François, Lobodis
Jean-Baptiste Cavalier, Artisans du Monde, un représentant du PARC
Un producteur péruvien
Christian Castagna, Enda

14h00 – 15h00
Atelier "Découverte mode équitable"


14h00 – 15h00
Atelier "Découverte offre alimentaire"


16h00 – 17h00
Atelier "Découverte offre déco"


16h00 – 17h00
Conférence "Découverte offre cosmétique"


16h00 – 18h00
Conférence de clôture grand public "Comment s'engager pour soutenir le dévloppement du commerce équitable ?"
Pour clôturer les deux jours de forum, cette conférence aura pour objet d’illustrer les engagements possibles au quotidien, que ce soit à l’université, sur le lieu de travail ou chez soi. Elle montrera également les passerelles entre les dynamiques de la société civile. En bref, une conférence pour ouvrir des perspectives et donner des solutions pour passer à l’action...

Conférence animée par Vincent David
Nadège Betty, Equiterre
Christian Dominé, Crédit Agricole Ile-de-France, secrétaire adjoint ALICEA
Sébastien Ravut, lemarchecitoyen.com
Bernard Pinaud, CRID
Nicole Alix, Crédit Coopératif
Georges d’Andlau, PFCE

17h00 – 18h00
Atelier "Chèque Déjeuner sur la monnaie sol"
SOL est une monnaie solidaire dont l’objectif est de créer une communauté d’échange fondée sur des valeurs de partage et de développement. Chèque Déjeuner, à l’origine du projet, explique lors de cet atelier le fonctionnement de cette monnaie alternative.

FREEDOOM, DEMOCRACY AND THE END OF HISTORY AS SEEN BY USA

FREEDOOM, DEMOCRACY AND THE END OF HISTORY AS SEEN BY USA

Histoire des mondialisations

QUAND LE MONDE PARLAIT ARABE ET LA SCIENCE FUT MUSULMANSE


mardi 24 avril 2007

La fin du Consensus de Washington

La fin du Consensus de Washington
21 avril 2007

Le « Consensus de Washington » est la table de la loi énonçant les dix commandements du libéralisme qui déterminent depuis 20 ans les politiques économiques mondiales. Aujourd’hui, la Banque Mondiale, jusqu’alors fervente adepte du dogme, nous annonce que, désolée, elle s’est trompée, que ces régles sont néfastes, et qu’il faut restaurer le rôle de la puissance publique.

A la fin des années 1990, le modèle économique ultra libéral adopté par Thatcher et Reagan est devenu le nouveau dogme économique, et ses tables de la loi ont été rédigées par John Williamson, économiste en chef pour la région Asie à la Banque Mondiale. Devenues célèbres sous le nom de « Consensus de Washington », elles énumèrent les dix commandements auxquels devaient désormais se plier les états, et qui imposaient un revirement complet des politiques menées depuis l’après guerre.

Dérégulation, privatisation, monétarisme, réduction des dépenses publiques devenaient désormais d’ardentes obligations en dehors desquelles ils n’existait point de salut.

Le rôle de l’état, qui jusqu’alors avait été central, à la fois par les politiques économiques et budgétaires qu’il impulsait, et par son rôle redistributeur des richesses produites par les nations, devait à tout prix être réduit à la portion congrue. Ronald Reagan avait résumé cette nouvelle vision prônant le « moins d’état » lors de son discours d’investiture par sa formule fameuse : « l’état n’est pas la solution, c’est le problème ».

L’adoption par les institutions, comme le FMI et la Banque Mondiale, et les élites mondialisées de cette charte libérale a entraîné des conséquences considérables, tant dans nos sociétes que dans les pays en développement. En Europe, le principe de la « concurrence libre et non faussée », au coeur du Traité de Maastricht, qui a acté la mort des services publics, et l’interdiction de mener une politique industrielle, n’a pas d’autre origine, ni d’autre justification.

Dans les pays du sud, les effets du Consensus de Washington, ont été bien plus catastrophiques. Les politiques nommées par euphémisme "Ajustements Structurels" exigées des pays en développement en échange de la renégociation de leur dette par le FMI et la Banque Mondiale ont conduit entre autres à la fin de l’encadrement des prix des aliments de base, et à la privatisation de l’eau, avec une explosion de leurs tarifs. L’auteur de ces lignes a entendu Abou Diouf, l’ancien président du Sénégal, relater comment les envoyés du FMI exigeaient de lui qu’il augmente le prix du lait dans son pays, afin de pouvoir bénéficier de l’aide internationale.

Pendant vingt ans, toutes les voix critiques remettant en cause ces choix ultra libéraux ont été ignorées ou qualifiées de rétrogrades - le débat autour du referendum européen nous en a fourni le dernier exemple en date.

Pendant vingt ans, armés de leurs certitudes, les hommes du FMI et de la Banque Mondiale ont accru les difficultés quotidiennes de centaines de millions d’hommes et de femmes des pays du sud. Au nom de de leur dogme, ils ont conduit l’Argentine à la ruine, plongé la Russie dans une crise sociale sans précédent, dont elle commence tout juste à se relever grace aux revenus de ses réserves énergétiques dont elle a « osé » reprendre le contrôle en contravention avec la règle du laisser faire. Au nom de ces mêmes dogmes l’Europe s’est privée de politique industrielle, de la maitrise de ses infrastructures, de son énergie, de ses transports.

Devant les catastrophes sociales provoquées par cette nouvelle religion du libre échange, dont les bénéfices pour le plus grand nombre se font toujours attendre, bien que les revenus des privilégiés atteignent, eux, des niveaux stratosphériques, des voix dissidentes sont enfin parvenues à se faire entendre, qui ont osé dire ce que beaucoup pressentaient : le roi est nu. Non seulement les règles du Consensus de Washington n’ont pas produit les résultats promis par leurs adeptes, mais les effets néfastes nés de leur application sont de plus en plus criants.

Et la charge la plus sévère est venue du coeur du système. Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie et Vice Président de la Banque Mondiale, démissionne en 2000 de son poste et fait le procés des politiques prônées par l’institution qu’il qualifie de « solutions archaïques et inadaptées, sans tenir compte des effets qu’elles auraient sur les habitants des pays ». Dans son livre La Grande Désillusion, publié en 2003, il décrit comment l’application du Consensus de Washington a produit les effets inverses de ses objectifs affichés, en causant un enrichissement accru pour le nord et des difficultés sans nombre pour le sud [1].

Aujourd’hui, Le Monde s’est procuré la version préliminaire du prochain Rapport mondial annuel sur le développement, préparé par la Banque Mondiale, et oh, surprise, les conclusions de Stiglitz sont reprises par l’institution, qui juge désormais que l’intervention de l’état dans les pays pauvres est nécessaire pour « encadrer et soutenir la paysannerie », remettant du même coup en cause sa doctrine de « l’ajustement structurel ».

Redécouvrant bien tardivement que la petite agriculture nourrit un tiers des 6 milliards d’habitants de la planète, le rapport constate que celle-ci a été « sous-utilisée », pire encore, « avec la domination de l’industrialisation dans le débat politique, le développement par l’agriculture n’a souvent même pas été considéré comme une option », et « les bailleurs de fond ont tourné le dos à l’agriculture », ce qui a conduit à des « coûts élevés pour la croissance, le bien être et l’environnement ».

Le Monde cite l’appréciation portée par Michel Griffon, un spécialiste de l’agriculture et du développement durable, qui se réjouit de voir publier un document qu’il « attendait depuis plus de vingt ans, depuis que les politiques d’ajustement structurel ont balayé les politiques publiques agricoles antérieures sans les remplacer ».

Vincent Ribier, expert dans le même domaine, rappelle que « les politiques néo-libérales d’ajustement structurel » ont eu un « impact très direct et très négatif sur le monde rural dans les pays pauvres ».

Effectuant un revirement a 180°, la Banque Mondiale constate que les dépenses publiques en direction du monde agricole ont baissé depuis 1980, de 1,5% en Afrique, 7,4% en Amérique Latine et 5% en Asie, et juge désormais nécessaire de relancer ces aides, en insistant sur le fait que la croissance agricole est « très dépendante du soutien du secteur public ».

M. Ribier, qui a participé récemment à une réunion d’experts au Quai d’Orsay sur le rapport, y voit « la fin du consensus de Washington ».

Reste maintenant pour l’Europe à entreprendre elle aussi sa révolution copernicienne, en rangeant cette religion à laquelle même ses clercs les plus zélés ne croient plus, à la place qu’elle n’aurait jamais du quitter : celle d’une extravagance idéologique .


Sur le Net Le Monde, Joseph Stiglitz, La Grande Désillusion

Comment rendre le commerce équitable

Le système commercial et financier international est injuste. Les pays industrialisés ont taillé le costume à leur mesure, le directeur du FMI doit être américain et est nommé par le président des USA alors que le directeur de la banque mondiale est désigné par les européens.

Les subventions américaines à leurs agriculteurs enfoncent davantage les producteurs des pays en développement dans plus de précarité. Ces subventions constituent une entrave au commerce mais qui ose contrarier les plus puissants?

En europe la vache européenne reçoit en subvention prés de 2 euros par jour alors que plus de la moitié de l'humanité vit avce moins de 2 euros par jour(seuil de pauvreté). Dans cette mondialisation actuelle mieux vaut être une vache en europe qu'un pauvre dans un pays en développment.

lundi 23 avril 2007

La mission mondiale de l'union européenne

JOSEPH E. STIGLITZ

La mission mondiale de l'Union, un exemple pour tous�
[23/04/07] - Voir les commentaires publi�s (1)

Les Europ�ens ne doivent pas s'inqui�ter outre mesure des comparaisons entre leur croissance et celle des Etats-Unis. Bien s�r, l'Europe a de grands d�fis � relever pour parfaire son union �conomique, en r�duisant notamment son ch�mage. Si le PIB par habitant augmente aux Etats-Unis, la plupart des Am�ricains sont moins bien lotis aujourd'hui qu'il y a cinq ans. Une �conomie qui, ann�e apr�s ann�e, laisse moins d'argent � ses citoyens n'est pas une r�ussite. Plus important, le succ�s de l'Union ne se mesure pas simplement par le PIB. Elle visait une paix durable dans la r�gion, et elle y est parvenue.

L'Union europ�enne a concr�tis� ce r�ve. Il n'y a pas un lieu sur la plan�te o� les voisins cohabitent dans un climat plus pacifique, o� les personnes se d�placent plus librement et en s�curit� qu'en Europe. Le monde devrait suivre cet exemple de droits et de responsabilit�s partag�s, y compris le devoir d'aider les moins fortun�s.

Le monde a travers� une p�riode difficile ces six derni�res ann�es. L'engagement envers le multilat�ralisme d�mocratique a �t� mis en doute, et les droits consacr�s par les conventions internationales, telles que la convention contre la torture, ont �t� abrog�s.

L'Europe, qui compte plus d'habitants que toute autre nation hormis la Chine et l'Inde, et a le PIB le plus �lev�, doit devenir l'un des piliers du monde en faisant rayonner ce que l'on appelle le � soft power � - la puissance et l'influence des id�es et des mod�les. En effet, l'Europe doit en partie son succ�s � la promotion d'un ensemble de valeurs qui, si elles sont fondamentalement europ�ennes, sont tout autant mondiales.

La d�mocratie est l'une de ces valeurs essentielles. Une autre est la justice sociale. Il convient de juger un syst�me �conomique et politique par la capacit� de chacun � r�aliser son potentiel. En tant qu'individus, nous faisons partie d'un cercle sans cesse plus large de communaut�s, et nous ne pouvons d�velopper notre potentiel que si nous vivons en harmonie les uns avec les autres. En retour, cela exige un sens des responsabilit�s et de la solidarit�. L'Union en a fait la d�monstration en portant assistance aux pays de l'ancien bloc communiste. La transition du communisme au march� n'a pas �t� simple, mais la g�n�rosit� in�gal�e de l'Europe a fini par payer.

L'Europe a r�ussi en partie parce qu'elle reconna�t que les droits des individus sont inali�nables et universels, et qu'elle a cr�� des institutions pour les prot�ger. Au contraire, l'Am�rique a �t� le th��tre d'une agression massive de ces droits, dont celle de l'habeas corpus - le droit de contester sa d�tention devant un juge ind�pendant. De subtiles distinctions sont faites, par exemple, entre les droits des citoyens et ceux des non-citoyens. Aujourd'hui, l'Europe peut parler avec un grand cr�dit des droits de l'homme universels. Pour notre bien � tous, il est essentiel qu'elle continue � s'exprimer - et m�me avec plus de vigueur que par le pass�.

De la m�me mani�re, alors que le projet europ�en s'est efforc� d'instaurer une � harmonie � pour que les individus vivent ensemble en paix, nous devons vivre en harmonie avec notre environnement - la plus rare de toutes nos ressources. Dans ce domaine, l'Europe a �galement ouvert la voie, tout particuli�rement au sujet du r�chauffement de la plan�te, en montrant qu'il est possible de mettre de c�t� l'�go�sme mesquin de chacun en vue de d�fendre un bien commun. Dans le monde d'aujourd'hui, beaucoup de choses ne tournent pas rond. Si l'int�gration �conomique a permis d'atteindre un ensemble de buts plus vastes en Europe, partout ailleurs la mondialisation �conomique a creus� le foss� entre les riches et les pauvres dans chaque pays, entre les pays riches et les pays pauvres aussi. Il est possible de construire un autre monde. L'Europe montre la voie pour y parvenir.

JOSEPH STIGLITZ, prix Nobel d'�conomie 2001, est professeur � l'universit� Columbia