mercredi 30 mai 2007

Le financement international du tiers monde

Les formes du financement international du tiers monde

Le financement extérieur est composé de flux publics (aide publique au développement (APD) et prêts publics), ainsi que de flux privés (investissements directs, aide privée des ONG, prêts bancaires, émissions d'obligations). Ces flux privés créent l'endettement le plus coûteux. En outre, les flux bilatéraux sont généralement liés.

La gestion de ce financement est confiée à différentes institutions. Les transferts publics sont gérés par des entités publiques administratives et les prêts officiels sont confiés à des organismes nationaux ou internationaux (groupe de la Banque mondiale ou banques régionales de développement). Dans ce système, le FMI occupe une place particulière. Le fonctionnement de ces organismes est marqué par une ambiguïté résultant de la multiplicité de leurs objectifs : financer le développement, faire prévaloir les intérêts commerciaux de leur pays d'origine, maximiser leur pouvoir, réaliser des profits…

Par ailleurs, de profondes disparités existent entre les pays du tiers monde en matière de financement extérieur : les pays d'Amérique Latine, d'Asie et d'Afrique du Nord reçoivent un financement essentiellement privé alors que les pays d'Afrique subsaharienne et certains pays d'Asie très pauvres sont principalement financés par des capitaux publics (APD).
Privatisation du financement et montée de l'endettement

A partir des années 1970, le stock d'endettement s'accélère et une privatisation croissante du financement international des pays du tiers monde a lieu. Les banques commerciales voient en effet dans ces pays, où les occasions de prêts sont nombreuses, une zone leur permettant de "recycler" les pétrodollars. Pour les pays en développement, ce nouveau financement permet, par rapport au financement public, une plus grande souplesse et élimine les conditions posées au décaissement. De leur côté, les gouvernements des pays industrialisés voient dans cette évolution, grâce aux investissements liés, un moyen de relancer l'activité nationale.
Limites et contraintes de l'endettement extérieur

Le remboursement de la dette est un prélèvement opéré sur le revenu national qui s'effectue en devises (première contrainte) et sur l'épargne publique (deuxième contrainte). Ainsi, afin de se procurer des devises, il faut dégager des excédents au niveau des échanges des biens et services. Il faut donc développer des industries d'exportation. Or, les pays qui ont conservé une spécialisation dans les matières premières sont en difficulté. De plus, pour rembourser ses dettes, l'Etat doit disposer de recettes suffisantes, ce qui l'entraîne à prélever des sommes sur les revenus des générations futures, par le biais de la fiscalité. La croissance du revenu national est donc déterminante.

Quant aux limites à ce que peut emprunter un Etat, il est difficile de les définir de manière précise, malgré l'existence de certains indicateurs. Toutefois, les contraintes de la dette extérieure ne doivent pas primer de façon excessive sur les contraintes internes politiques et sociales.
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samedi 26 mai 2007

Rapports Nord SUD:La dette, Les termes des échanges et le libéralisme sauvage

L'instabilité des prix des produits de base

Les termes de l'échange évaluent la variation du pouvoir d'achat d'un bien échangé ou d'une série de biens au cours d'une période donnée. Ils sont estimés par le rapport de deux indices. Le prix moyen des exportations est divisé par le prix moyen des importations. Dans les années 1950-1960, leur analyse a focalisé l'attention des économistes. Josué de Castro et Raul Prebish ont défendu la thèse d'une baisse du pouvoir d'achat des exportations en longue période pour les pays pauvres. Selon l'exemple donné par Josué de Castro, le Tiers Monde devrait vendre de plus en plus de sacs de café pour acheter des Jeep. Certains auteurs, comme Pierre Jalée ou Arghiri Emmanuel, expliquent cette détérioration par l'existence d'un « échange inégal », les pays du Tiers Monde subissant une captation systématique en valeur dans leurs ventes aux pays riches.
La thèse d'une détérioration séculaire des termes de l'échange n'est plus aujourd'hui retenue. Fondée sur des statistiques de la Société des Nations puis des Nations unies, elle était notamment viciée par la prise en compte, pour le calcul des prix des produits bruts, des prix d'importation. Or ces derniers incluent les coûts des transports, qui ont subi une forte baisse entre 1890 et 1940. Les estimations avancées à l'appui de cette thèse souffraient également d'être trop axées sur l'Amérique latine. Les historiens de l'économie constatent aujourd'hui l'existence de longues phases d'amélioration puis de détérioration des termes de l'échange des matières premières : amélioration sur la période 1890-1920, puis dans les années 1933-1940 et 1970-1980, détérioration au cours des années 1920 jusqu'à la crise de 1929, puis dans les années 1950-1960 et enfin durant la décennie 1980-1990.
Cette controverse sur l'évolution en longue période du pouvoir d'achat des produits bruts est riche de trois enseignements. En premier lieu, elle permet de souligner l'influence des guerres et des crises économiques sur les termes de l'échange des exportations du Tiers Monde. Ensuite, elle montre la fragilité des indices en la matière. Ceux-ci dépendent fortement de la période de référence choisie ainsi que du mode de calcul du prix des importations. Enfin, elle ne remet pas en cause l'observation d'une tendance à la détérioration depuis les années 1950.
Plutôt qu'une cause unique, les spécialistes retiennent un faisceau de facteurs, qui rendent compte du phénomène. Les plus fréquemment cités sont : la réduction de la quantité de matière première utilisée par unité de produit fini ; la mise au point de produits de synthèse, par exemple dans les secteurs du textile et du caoutchouc ; la forte augmentation de l'offre de matières premières de la part du Tiers Monde ; enfin, l'inégalité des pouvoirs de négociation entre les vendeurs très nombreux et les groupes d'acheteurs bien organisés qui obligent les premiers à répercuter les progrès de productivité dans les baisses de prix. Le caractère structurel de ces facteurs explique que les pays du Tiers Monde aient cherché à préserver le pouvoir d'achat de leurs exportateurs plutôt par la diversification de leurs productions ou par des accords de stabilisation de prix que par la remise en cause des règles des marchés internationaux. Si la première voie est fructueuse, comme le prouvent les performances des pays asiatiques, la seconde n'a pas donné les résultats escomptés. Les prix des produits de base connaissent toujours des fluctuations de grande ampleur qui rendent difficile la gestion des finances extérieures des pays les plus pauvres. La permanence d'une telle instabilité conduit à s'interroger sur ses formes et ses raisons avant d'examiner les politiques mises en œuvre pour y faire face.
L'analyse des marchés des produits bruts doit distinguer la situation des matières premières agricoles et industrielles. Les prix de ces dernières connaissent une instabilité qui est liée aux fortes variations de la demande. Toute période de reprise économique s'accompagne d'une augmentation plus que proportionnelle de la demande de matières premières, ce que les économistes appellent l'effet d'accélération. Le phénomène est dû à la nécessité du stockage, qui incite à une spéculation à la hausse sur les prix. Inversement, toute récession ou tout ralentissement de la croissance provoque un déstockage et, par conséquent, une spéculation à la baisse. Les hausses et les baisses de prix sont amplifiées à court terme par l'inélasticité de l'offre et de la demande de produits bruts. Du côté de la demande, l'inélasticité est causée par le faible impact des variations de prix des matières premières sur la valeur des produits finis. Du côté de l'offre, l'inélasticité peut être expliquée par l'importance des coûts fixes en capital (amortissement + frais financiers) dans l'activité considérée. En cas de baisse des prix, les producteurs n'ont pas intérêt à réduire les quantités livrées tant que le prix n'est pas descendu au-dessous du coût variable. En cas de hausse des prix, le délai d'ajustement des quantités aux besoins du marché est nécessairement long, compte tenu du coût de la mise en œuvre d'une nouvelle production. Si l'instabilité des prix des matières premières est liée à la demande, celle des prix des produits bruts agricoles est le plus souvent liée à l'offre. Les variations du climat ou des politiques agricoles ont une forte influence sur la production mondiale de blé, de café ou de soja, alors que la quantité demandée est relativement stable. Dans ce cas, et contrairement au résultat constaté pour les matières premières minérales, les prix varient dans le sens inverse des quantités produites.
La différence de situation pour les produits minéraux et agricoles explique la diversité des moyens mis en œuvre pour stabiliser les prix ou les recettes des producteurs. Ils sont au nombre de trois : les financements compensatoires, les accords de produit et le contrôle des prix. Les financements compensatoires ont le privilège de l'ancienneté dans ce domaine. Ils visent à compenser les variations de recettes des pays exportateurs de matières premières au moyen de financements multilatéraux. Le premier en date est la facilité du Fonds monétaire international (F.M.I.), mise en place en 1963 et élargie en 1979. Il s'agit de prêts accordés aux pays exportateurs en période de prix bas, qui seront remboursés quand les cours du marché seront élevés. Le niveau des emprunts est limité par la quote-part des pays en question au F.M.I. Le mécanisme est séduisant a priori puisqu'il n'oblige pas à des interventions toujours délicates sur les marchés et se contente d'agir en aval sur les recettes extérieures des pays intéressés. Mais, avec la dépression structurelle des cours des années 1980, il s'est révélé notoirement insuffisant par rapport à son objectif. Il n'a pas pu venir en aide à la partie du Tiers Monde mise en difficulté par la baisse de ses recettes d'exportation.
Le même principe de compensation est à la base du système Stabex institué en 1975 entre la Communauté économique européenne et soixante-six pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique par la Convention de Lomé. Limité aux produits agricoles, le financement compensatoire du Stabex s'est transformé au cours du temps en une aide au développement, puisque les prêts obtenus par les pays signataires des conventions ont été accordés sans intérêt et sans conditionnalité. Considéré au départ comme un modèle des rapports entre le Nord et le Sud, le Stabex suscite aujourd'hui de vives critiques, car il n'a pas incité les pays bénéficiaires à diversifier leur production ni à améliorer leurs exportations vers les marchés européens. Les financements toujours croissants, en raison de la baisse structurelle des cours des produits agricoles, n'ont pas été réellement affectés à l'agriculture, mais ont alimenté les budgets publics dans des États où la corruption de l'administration et le non-respect des droits de l'homme étaient notoires. Contrairement à son objectif initial, le Stabex n'a pas contribué au développement de l'agriculture africaine.
Pour compléter les dispositifs en vigueur, la quatrième Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (C.N.U.C.E.D.) adopta en 1976, à Nairobi, un programme intégré sur les produits de base. Le programme voulait stabiliser les prix des dix-huit matières premières et produits agricoles les plus importants pour les pays du Tiers Monde : bananes, bauxite, cacao, café, coton, cuivre, fer, caoutchouc, bois tropicaux, étain, jute, manganèse, sisal, thé, sucre, phosphates, oléagineux, viandes. La stabilisation devait résulter d'interventions sur le marché au moyen de stocks régulateurs. Ces stocks devaient être financés par un fonds commun aux pays producteurs et aux pays consommateurs. Le fonds commun, créé sur le papier en 1980, n'a été ratifié par un nombre suffisant d'États qu'en 1986. Entre-temps, les accords mis sur pied pour réguler les prix des produits de base et qui concernaient le café, le cacao, l'étain et le sucre avaient cessé de fonctionner. Le programme décidé à Nairobi n'est donc jamais entré en application.
Il a buté sur quatre difficultés qui sont communes à toute tentative de stabilisation des prix. La première est celle du coût du stock nécessaire au maintien des cours. Dans la phase de chute de la consommation qui a prévalu au cours des années 1980, ce coût devient rapidement prohibitif. La deuxième difficulté tient à l'obligation qu'ont les producteurs de respecter des quotas qui tiennent compte de l'évolution de la demande, faute de quoi les marchés sont rapidement saturés et la baisse des prix est inéluctable. Le respect des quotas suppose que le nombre de producteurs soit limité et que les plus gros d'entre eux contrôlent les possibilités d'extension de la production à faible coût. Ces conditions sont réunies dans les cas du pétrole et de minerais d'importance secondaire comme le diamant. Elles ne le sont pas pour les grands minerais ni pour les produits agricoles. La troisième difficulté est la déréglementation qui a caractérisé les économies des pays occidentaux dans les années 1980. L'intervention souhaitée sur les marchés des produits de base est entrée en conflit avec la libéralisation croissante des marchés financiers ; or certains instruments comme les options sont communs aux deux marchés. Enfin, quatrième difficulté, l'objectif de l'accord de Nairobi n'a pas résisté au besoin croissant d'exportation créé par la crise de l'endettement extérieur apparue dans les années 1980. Pour faire face à leurs échéances, certains pays du Sud ont été contraints de conquérir des parts de marché par des moyens qui interdisaient toute stabilisation des prix des matières premières.
Ainsi les accords mis au point pour remédier aux fluctuations excessives des revenus extérieurs des pays du Sud se sont soldés généralement par un échec. Pour le développement de l'agriculture, la diversification des cultures, l'aide à la production de produits vivriers, une politique budgétaire et des taux de change favorables à la paysannerie ont été des facteurs plus efficaces que les accords de commercialisation. L'échec relatif de ceux-ci prouve qu'il ne peut y avoir de juste prix mondial des matières premières. Il existe a priori plusieurs niveaux de prix correspondant aux diverses zones de production. La concurrence tend à favoriser les zones à faible coût, mais interfèrent également dans ce domaine des considérations politiques et géopolitiques. La stabilisation des prix des grandes matières premières exige, d'une part, un modus vivendi entre États acheteurs et vendeurs et, d'autre part, le contrôle de l'offre par un petit nombre de producteurs aux objectifs homogènes. Ces deux conditions ne sont guère réunies, en cette fin de siècle, que dans le cas du pétrole. La décennie de 1970 avait été marquée par les projets de la quatrième C.N.U.C.E.D. La décennie de 1980 s'est conclue dans un désenchantement aux conséquences financières redoutables. Les pays du Sud ont connu une crise de la dette sans précédent depuis les années 1930.

La dette
Les rapports Nord-Sud sont caractérisés par des transferts de ressources publiques et privées. Les années 1980 ont connu un renversement dans ce domaine. En 1981, le financement public du développement ne représentait que 33% du total des apports financiers des pays riches vers les pays en développement ; les apports privés en constituaient plus de 54%, le solde des ressources correspondant à des crédits à l'exportation. Neuf années plus tard, les chiffres se sont inversés. La part du financement public est passée à plus de 54% et celle des financements privés a chuté à environ 40%. Dans cette période s'est déroulée une crise de la dette qui a constitué une lourde menace pour le système bancaire international et a appauvri la population des pays débiteurs. Au début des années 1990, grâce à des accords de réduction de la dette, les pays à revenu moyen semblent avoir retrouvé certaines possibilités de développement. Mais le surendettement hypothèque toujours l'avenir économique des pays les plus pauvres.
sur Internet Portrait d'une crise
La crise financière des années 1980 n'est pas la première que subissent les pays en développement. Dans les années 1870, l'Empire ottoman et l'Égypte s'étaient trouvés en cessation de paiement. En 1891, c'est le tour de l'Argentine, et les années 1910 sont marquées par les défauts de paiement du Mexique. Plus près de nous, les années 1930 connaissent la crise d'endettement la plus forte du siècle : tous les pays d'Amérique latine, des pays d'Europe orientale, la Turquie et la Chine sont incapables de rembourser leur dette extérieure. Cette crise avait pour origine les difficultés économiques des pays prêteurs. La baisse des échanges des produits de base avait alors réduit les revenus des pays exportateurs de 50%, et, simultanément, l'augmentation du pouvoir d'achat du dollar avait renchéri la charge de la dette des pays emprunteurs. Cet effet de ciseaux conduisit au retrait quasi complet des pays producteurs de matières premières des marchés financiers internationaux et à des pertes sèches en capital pour les pays prêteurs.
On peut considérer que les marchés financiers ont la mémoire courte, puisque les mêmes causes (renchérissement de la dette et, simultanément, réduction des débouchés extérieurs) vont provoquer les mêmes effets dans les années 1980, sous des formes quelque peu différentes il est vrai. Avant de préciser les conséquences de cette crise financière pour le Tiers Monde, il est utile d'en présenter l'origine, les modalités ainsi que le mode de gestion. L'endettement des pays en développement s'élevait en 1991 à un montant de 1 500 milliards de dollars, pour un service total (amortissement + intérêts) supérieur à 160 milliards de dollars. Les seuls intérêts versés représentaient plus de 80 milliards de dollars, somme à comparer aux 60 milliards de dollars de l'aide publique au développement. En une décennie, la dette a presque triplé, puisqu'elle n'était que de 580 milliards de dollars en 1980.
Quand on analyse cet endettement par région, c'est l'Afrique qui apparaît comme la zone critique, avec une dette totale presque égale à son revenu annuel, alors qu'elle en représente moins de 60% en Amérique latine. Si l'on rapporte le service de la dette à la valeur des exportations, qui seules peuvent le financer, on s'aperçoit que la charge absorbe plus de 25% de cette valeur dans le cas de l'Afrique subsaharienne. Une seconde catégorie d'États est fortement touchée par la crise financière des années 1980. Il s'agit de pays à revenu intermédiaire dont la dette représente à elle seule plus de 40% de la dette extérieure du Tiers Monde. Cet ensemble regroupe dix-sept nations dont le Brésil, qui doit plus de 100 milliards de dollars, le Mexique, l'Argentine, mais également les Philippines, le Maroc ou le Nigeria. L'observation des composantes de cette dette montre qu'elle est, à 90%, une dette publique ou garantie, qui représente en dernier ressort un engagement des États. L'observation est vraie pour toutes les catégories de pays endettés. Elle est importante pour comprendre la nature des relations entre le Nord et le Sud. Souscrite au nom d'États souverains, la dette ne peut être remboursée ou annulée qu'au niveau des États. Du point de vue des prêteurs, la situation est différente. La dette a été souscrite pour près de la moitié de son montant auprès de prêteurs privés, avec des variations selon les catégories de pays emprunteurs. Pour les pays à revenu moyen fortement endettés, la part du secteur privé représente, dans les années 1980, les deux tiers des créances totales. Pour les autres pays en développement, elle est comprise entre 35 et 50%. Les créances du secteur privé au cours de la période sont essentiellement le fait du secteur bancaire. Les prêts du secteur public ont un caractère bilatéral ou multilatéral pour des montants presque équivalents.
La place des créances d'origine bancaire dans le total de la dette du Tiers Monde doit être soulignée, car elle marque profondément la crise des années 1980 par rapport à celle des années 1930. L'engagement des banques occidentales a contribué, dans un premier temps, à l'aggravation du surendettement du Tiers Monde. Disposant d'abondantes liquidités dans les années 1970 et ayant affaire à des partenaires désireux de s'endetter pour hâter leurs investissements, elles ont prêté massivement aux pays du Sud dans des conditions de taux d'intérêt et de délais de remboursement incompatibles avec les capacités économiques de ces pays. Les crédits accordés étaient à taux variables, fixés par référence au taux interbancaire de la place de Londres (Libor). Quand celui-ci augmenta fortement, au début des années 1980, les charges d'intérêt au regard du principal de la dette doublèrent, passant de 6,5% en 1970 à 13% en 1982. Ainsi les pays du Tiers Monde subirent-ils des charges financières sans rapport avec l'évolution de leur richesse interne. De même, les banques occidentales augmentèrent fortement leurs crédits aux pays du Sud sur la base de critères financiers (analyse dite du risque-pays) en méconnaissant le potentiel économique réel des régions considérées, en particulier les risques de récession des marchés d'exportation.
Paradoxalement, toutefois, l'intervention du système bancaire a permis une gestion de la dette plus positive que dans les années 1930. Après la crise mexicaine de 1982, qui mit en danger leur solvabilité, les institutions prêteuses ont développé, en liaison avec les organismes internationaux, une stratégie concertée pour faire face aux défauts de paiement de leurs clients. Elles ont commencé par diminuer fortement leurs prêts et par constituer des provisions. Elles ont ensuite négocié des rééchelonnements de la dette, en entretenant la fiction que la totalité de celle-ci pourrait être remboursée moyennant des plans de stabilisation dans les pays emprunteurs. Il fallut pourtant constater l'échec de cette stratégie, quelques années plus tard. Les plans d'ajustement pesaient sur l'investissement des pays du Tiers Monde et conduisaient à une réduction des dépenses sociales sans diminuer substantiellement la charge de la dette.
Après l'initiative prise au sommet de Toronto en 1988, les organismes financiers acceptaient, en 1989, l'idée contenue dans le plan Brady d'une annulation d'une partie de la dette. Pour respecter les législations bancaires des différents pays prêteurs, le plan Brady prévoit un choix des banques entre trois options : l'apport d'argent frais, la réduction du service de la dette par l'échange des anciennes créances contre des obligations à très long terme et à taux fixe, la réduction du principal des créances par conversion en obligations de moindre valeur et qui portent un intérêt variable. Malgré le coût de ces options, le système financier international y trouve un intérêt. L'annulation d'une partie des créances provoque, en effet, une augmentation mécanique de la valeur de marché des titres restants. De plus, les compromis passés avec les États souverains apportent aux banques de nouvelles garanties et la certitude d'une égalité de traitement. Ces éléments expliquent le succès du plan Brady. Au terme de négociations longues et difficiles, nécessitant l'intervention du F.M.I. ou de la Banque mondiale pour la mise au point de plans d'accompagnement, 40% des créances privées avaient fait l'objet d'un accord de réduction de dettes en 1992. Ce taux devait atteindre 70% en 1993, après la conclusion d'accords avec l'Argentine et le Brésil. Peut-on pour autant affirmer que la crise de la dette appartient au passé, comme l'affirment certains observateurs ? Une réponse négative s'impose, car de nombreuses interrogations subsistent.
La première est liée à la nouvelle rigidité introduite par les mesures Brady dans la structure de la dette. Ayant obtenu une réduction de leurs dettes moyennant de nouvelles garanties, les pays en développement n'ont plus le droit à l'erreur. La seconde interrogation est relative à l'intervention des organismes internationaux. Les accords Brady n'ont pu voir le jour que moyennant un droit de regard sur la politique économique des pays endettés. La crise de la dette a suscité la création d'une forme de tutelle du Nord sur le Sud à travers le F.M.I. et la Banque mondiale. La tutelle pose des questions éthiques et politiques difficiles, ne serait-ce que celle de son acceptation à long terme par les populations des États en cause. En outre, si les mesures mises en œuvre dans le cadre du plan Brady ont permis aux dix-sept pays les plus endettés de retrouver une charge de la dette supportable, le problème du surendettement des pays les plus pauvres reste entier. Au début des années 1990, leur dette extérieure continue de croître pour approcher les 80 milliards de dollars. Malgré la mise en œuvre de politiques d'ajustement, ces pays ne peuvent faire face qu'à la moitié de leurs engagements contractuels. Pour nombre d'entre eux, la solution passe par une remise de dette supérieure aux 50% prévus dans le cadre des accords conclus au sein du Club de Paris, qui regroupe les créanciers publics. Les sommes nécessaires seraient modiques pour les pays riches : un doublement des flux nets de capitaux vers les pays pauvres fortement endettés majorerait les budgets des pays industrialisés de 16 milliards de dollars, soit 1% des dépenses militaires mondiales.
sur Internet Le piège de l'endettement extérieur
Quels enseignements peut-on tirer de cette crise de la dette du Tiers Monde ? Les difficultés des années 1980 ont montré les dangers d'un financement du développement par l'endettement extérieur. Celui-ci pose la question de la capacité de remboursement de l'emprunteur, nous y reviendrons. Mais il est également source de déséquilibres macroéconomiques qui n'ont pas été suffisamment pris en compte par les dirigeants du Tiers Monde, bien qu'ils aient été démontrés dans les années 1920 à l'occasion du paiement des réparations allemandes. L'incapacité dans laquelle s'était trouvée l'Allemagne de payer ses dettes avait donné l'occasion à John Maynard Keynes de faire progresser la théorie dite des transferts. Tout endettement extérieur vient perturber l'identité établie à l'intérieur de la nation entre le produit et les revenus distribués. Il vient modifier les conditions de l'équilibre macroéconomique entre le revenu et la dépense plutôt qu'il ne résulte de cet équilibre. L'entrée de devises par la dette est une source d'inflation qui va altérer la valeur de la monnaie nationale et rendre, de ce fait, plus difficile le remboursement au moyen des exportations. Un second élément vient renforcer la difficulté de remboursement. Par l'altération de la valeur de la monnaie qu'elle provoque, la dette suscite des fuites de capitaux et, par conséquent, des problèmes de change pour les pays emprunteurs. La dette conduit inéluctablement à la baisse du taux de change de la monnaie nationale. Les pays fortement emprunteurs prennent le risque de s'engager dans une spirale inflationniste qui peut conduire, comme dans le cas de l'Allemagne en 1923, à l'anéantissement de l'étalon monétaire.
L'endettement extérieur présente, du point de vue macroéconomique, un deuxième type de danger, celui d'une substitution du financement externe au financement interne. En permettant un desserrement des contraintes budgétaires, l'emprunt peut provoquer une diminution de l'épargne publique et privée. Le résultat est alors non pas une augmentation, mais une diminution de l'investissement, les agents résidents préférant consommer ou placer leurs fonds à l'étranger. Le risque d'un tel comportement est accru par l'inflation.
Un troisième mécanisme doit être éclairé. Comme l'a démontré Keynes, les pays emprunteurs ne peuvent rembourser qu'au moyen de leurs exportations nettes. Si l'endettement dépasse un certain niveau, on peut assister à un transfert de ressources négatif dû à la baisse des termes de l'échange. Pour payer leurs dettes, les pays vont accroître leur production de matières premières ou de produits exportés au détriment de biens destinés à la consommation intérieure. Ce faisant, ils vont favoriser la hausse des prix à l'intérieur, mais surtout déstabiliser les marchés internationaux des produits de base par la surproduction. Il s'ensuit une forte baisse des prix des matières premières qui rend encore plus délicat le remboursement de la dette.
Les quatre résultats évoqués ici - forte inflation, baisse du taux de change, évasion des capitaux et baisse des termes de l'échange des produits de base - ont tous été vérifiés au cours de la décennie de 1980 pour les pays très endettés. S'y ajoute une dernière difficulté. Dans la mesure où la dette extérieure est le fait de l'État, celui-ci doit trouver les ressources nécessaires pour acheter aux exportateurs les devises correspondant à la charge de la dette. Il ne peut financer cet achat que par la fiscalité ou par l'emprunt intérieur. Si la charge de la dette double du fait de la variation des taux d'intérêt, comme elle l'a fait au début des années 1980, l'augmentation de la fiscalité dans les mêmes proportions est impossible. Les résultats du processus sont, malgré la réduction des dépenses publiques qui pèse souvent sur la partie la plus pauvre de la population, l'alourdissement du déficit budgétaire et un surcroît d'inflation. Le déficit budgétaire et ses conséquences sont aggravés dans les pays où la répartition des revenus est très inégalitaire. Est ainsi expliquée la forte corrélation qui existe entre inégalités des revenus et crise de la dette dans les pays à revenu intermédiaire.
En conclusion, on doit souligner que l'endettement extérieur est la forme de transfert de ressources la plus problématique entre pays riches et pays pauvres. Si l'investissement direct et l'aide publique affectent l'équilibre interne du pays qui les reçoit, ils ne suscitent pas les mêmes difficultés de paiement. Parce qu'un pays ne peut rembourser qu'en devises, la charge de sa dette est nécessairement déconnectée de l'évolution de sa production intérieure. Quelle que soit la rentabilité à long terme des investissements réalisés, le pays endetté sera en difficulté si les taux d'intérêt sur les marchés des capitaux croissent plus vite que ses exportations. La dette est créatrice d'une nouvelle dépendance. Elle soumet la politique économique des pays emprunteurs à l'évolution de la conjoncture, de la politique commerciale et de la demande des pays prêteurs.
Face à tant de risques, on peut se demander pourquoi les pays du Tiers Monde se sont engagés dans le piège du surendettement. Il semble que l'ignorance se soit alliée ici à la facilité. Ignorance des conséquences macroéconomiques de la dette et des enseignements de l'histoire économique, facilité d'accès à des financements qui, au cours des années 1970, n'exigeaient pas la mise en œuvre de projets de développement précis et de négociations toujours délicates avec les organismes internationaux. L'ironie de l'histoire a voulu que l'intervention de ces derniers permette une réduction de la dette pour les pays les plus endettés à la fin des années 1980. Pour obtenir la signature des accords Brady, les créanciers officiels ont supporté des transferts financiers qui ont bénéficié pour partie aux créanciers privés, pour partie aux débiteurs.
sur Internet Les transferts de technologie et le développement durable
sur Internet Les transferts de technologie
Pour se développer, les pays du Tiers Monde doivent mettre en œuvre des technologies nouvelles pour améliorer la productivité de leur appareil de production. Compte tenu de leur révolution démographique, les pays les moins avancés ont besoin de recourir à des technologies extérieures en les adaptant à leurs propres besoins. Or ceux-ci ne sont pas identiques. Dans un rapport présenté à l'U.N.E.S.C.O., le Conseil international de la socio-politique de la science distingue trois groupes de pays : ceux qui n'ont aucune base scientifique et technique, ceux qui ont les éléments fondamentaux d'une telle base et ceux qui ont une base scientifique et technologique réelle. Dans cette typologie, aucun pays d'Afrique n'appartient au troisième groupe, et la majorité des pays les plus pauvres appartient au premier. Il faut alors se demander pourquoi certains pays du Tiers Monde réussissent à acclimater la technique et la technologie des pays industrialisés alors que d'autres n'y parviennent pas. Les spécialistes retiennent cinq éléments déterminants : une culture associée à l'écriture et à l'imprimerie, l'existence d'un passé scientifique, l'ancienneté de l'industrialisation (les pays d'Asie l'ont commencée il y a un siècle), la priorité donnée par le gouvernement à l'éducation et à la formation, la volonté d'échapper à la dépendance à l'égard des pays occidentaux. Ces cinq éléments se retrouvent tous, à des degrés divers, dans les nouveaux pays industriels d'Asie. Ils n'existent pas dans les pays les plus pauvres d'Afrique. Ils montrent que la technologie ne peut être réduite à des facteurs techniques. Elle met en jeu des facteurs humains, politiques et culturels. Elle est un processus dynamique qui modifie les relations sociales.
Les pays du Tiers Monde peuvent-ils espérer un rattrapage par rapport aux pays du Nord ? En d'autres termes, le processus de diffusion technologique sera-t-il suffisant pour éviter que ne se creuse davantage un fossé scientifique et technique entre le Nord et le Sud ? L'évolution récente conduit à éviter tout optimisme en la matière. Certes, l'histoire de la révolution industrielle a montré qu'aucun pays ne peut garder le monopole d'une technique, mais il semble que les obstacles à la diffusion de la technologie soient plus grands en cette fin de XXe siècle qu'il y a une vingtaine d'années. Ces derniers sont d'abord de nature financière ; les pays développés font payer fort cher les licences et brevets des innovations les plus récentes et rendent les produits correspondants inaccessibles aux pays les plus pauvres. Ils sont ensuite de nature structurelle. Les nouvelles technologies qui sont nées dans les années 1970-1980 se caractérisent par leur forte intensité en capital. Les technologies de l'information, celles de l'environnement, les biotechnologies et les technologies des nouveaux matériaux de synthèse exigent non seulement des équipements et des laboratoires coûteux, mais un personnel hautement qualifié, et certains pays industrialisés peuvent redouter d'être évincés des progrès faits dans ce domaine. Les grandes innovations contemporaines exigent encore des liens entre Université et industrie qui sont hors de portée des pays les moins avancés.
Se pose alors la question des canaux de diffusion des innovations. Le premier est l'achat de biens d'équipement qui contiennent les technologies les plus avancées - un achat souvent moins coûteux que l'acquisition des brevets et licences. Tout obstacle réglementaire ou tarifaire à ce type d'échange freine la diffusion des innovations. La suppression de tels obstacles a donc été l'un des enjeux majeurs des négociations réalisées dans le cadre du G.A.T.T. Une seconde voie d'accès est celle des mouvements de main-d'œuvre. L'apport de la main-d'œuvre émigrée ou des techniciens formés à l'étranger peut être essentiel pour la diffusion des nouvelles techniques de production et de gestion. Il n'en demeure pas moins que le domaine de la recherche et de l'innovation est particulièrement coûteux. Les pays du Tiers Monde doivent faire des choix en fonction des problèmes fondamentaux du développement que sont l'alimentation, la santé, l'énergie, l'éducation et le chômage. Pour bénéficier de leurs ressources en main-d'œuvre, ils ne peuvent se contenter de copier les techniques occidentales, mais doivent les adapter et les combiner avec des technologies plus traditionnelles. Ainsi l'Inde a-t-elle trois productions sucrières : la création de grandes usines modernes n'a pas fait disparaître les sucreries traditionnelles, qui bénéficient d'une protection fiscale.
La diversité des technologies, associée à l'adaptation des techniques venues de l'extérieur, est la clé d'une moindre dépendance du Sud envers les pays industrialisés. L'association des techniques modernes et traditionnelles exige que les gouvernements définissent une politique de recherche et fassent des choix douloureux, compte tenu de la rareté des moyens financiers. Nous avons déjà noté le rôle de la volonté politique dans l'émergence des technologies en Asie de l'Est. Les pays qui ont constitué une base scientifique et technologique l'ont fait à partir d'écoles professionnelles et techniques plutôt que d'universités sur le modèle occidental. Ils ont construit un équilibre entre science et technique qui n'est pas celui qui prévaut dans les pays développés.
Les transferts de technologie entre le Nord et le Sud suscitent une dernière difficulté liée à la recherche fondamentale. Par définition, celle-ci n'est pas utilitaire. Quasi absente dans les pays les plus pauvres, elle s'intéresse peu aux problèmes du développement. De plus en plus coûteuse, elle cherche par ailleurs à monnayer ses découvertes et à limiter l'accès à ses travaux par des licences et des brevets alors que ses résultats concernent l'ensemble de l'humanité, comme dans le cas du sida. Ce faisant, elle connaît une dérive qui entre en conflit avec le « développement durable » envisagé dans son rapport par le Premier ministre norvégien Gro Harlem Brundtland.
sur Internet Le développement durable, utopie ou projet ?
La Commission mondiale sur l'environnement a défini en 1987 le développement durable comme « un processus de changement par lequel l'exploitation des ressources, l'orientation des investissements, des changements techniques et institutionnels se trouvent en harmonie et renforcent le potentiel actuel et futur de satisfaction des besoins des hommes ». Au vu de la malnutrition et de l'explosion démographique dans les pays du Tiers Monde, les perspectives ouvertes par le rapport Brundtland semblent relever plutôt du vœu pieux que du projet. Un développement qui valorise les ressources humaines et renforce le capital naturel est aujourd'hui une utopie. Mais certaines utopies peuvent être fécondes, et des indices montrent que les pays industrialisés essaient d'intégrer la préoccupation du développement durable dans leurs politiques économiques. La signature de la Charte pour le développement durable, le 9 avril 1991, par quarante des plus grandes firmes du monde ou la tenue de la Conférence de Rio de Janeiro, en 1992, sont significatives à cet égard. Mais le manque de coopération entre le Nord et le Sud et les divergences d'intérêt empêchent la concrétisation d'un certain nombre de projets. Le développement durable est devenu une nouvelle pomme de discorde entre le Tiers Monde et les pays industrialisés. Deux thèmes sont ici au centre du débat : la gestion des ressources naturelles et la priorité à accorder aux besoins du Sud dans le domaine de l'environnement.
Les pays du Sud considèrent, à juste titre, que les pays du Nord s'intéressent au maintien en valeur de ressources naturelles à un moment où ces ressources sont moins importantes pour leur propre croissance économique. Nous avons déjà remarqué que, hors le cas du pétrole, les ressources minières du Tiers Monde ne sont plus décisives pour l'essor économique des régions développées. Celles-ci se préoccupent donc d'une gestion plus rationnelle des ressources, de façon à ménager les potentialités des générations futures. Il en est de même pour les ressources végétales et animales. Les taux de déboisement en Amérique latine et en Asie sont aujourd'hui supérieurs à 1% par an. La régression des forêts a de graves conséquences sur le climat, la vie des gens et la survie des animaux. Les pertes d'habitat provoquent une extinction accélérée des espèces. Plus de cent vingt espèces de mammifères et d'oiseaux ont disparu au cours du siècle. Le phénomène inquiète la population des pays développés, parce qu'il menace la diversité biologique de la planète. La prise de conscience d'un devenir commun de l'humanité, si elle est nouvelle et positive, n'est pas partagée de la même façon dans les pays du Sud, où la préoccupation essentielle est d'échapper à la pauvreté. Il s'ensuit une forme de marchandage où le Tiers Monde essaie de négocier son accord pour une gestion raisonnable des ressources naturelles et la protection de la biodiversité contre des concessions économiques de la part des pays industrialisés.
Le malentendu est encore plus grand sur des questions telles que les émissions de gaz carbonique ou la diminution de la couche d'ozone. Les pays du Tiers Monde affirment, avec raison, que ces phénomènes résultent de la croissance dans les pays industrialisés.
Ils ne veulent accepter une solidarité internationale qu'à deux conditions. Qu'il existe tout d'abord un traitement différencié des industries du Nord et du Sud en matière de normes d'environnement, de façon à ne pas défavoriser la croissance économique du Tiers Monde. En second lieu, les pays en développement souhaitent que les pays riches les aident techniquement et financièrement à faire face à trois menaces qui pèsent sur leur environnement. La première concerne l'alimentation en eau potable et l'assainissement : 1,3 milliard d'habitants de la Terre n'ont pas accès à l'eau potable et 1,5 milliard n'ont pas accès à un réseau d'assainissement. La progression de l'équipement ne suit pas celle de la population, et, en Amérique latine, par exemple, 2% des eaux usées sont traitées. Ce sous-développement est une cause essentielle de mortalité. La deuxième menace est la pollution de l'air dans les grandes villes. Dans les pays qui connaissent un début d'industrialisation, la pollution de l'air dans les cités est beaucoup plus importante que dans les pays occidentaux. En 1985, plus de 1,3 milliard de personnes vivaient dans des zones où les normes fixées par l'O.M.S. n'étaient pas respectées. Enfin, la troisième menace est la dégradation des sols. Le problème le plus grave n'est pas la désertification, c'est la détérioration progressive des terres agricoles. La surpopulation, des techniques archaïques et une mauvaise utilisation de l'irrigation sont les causes de ce phénomène qui provoque une baisse des rendements agricoles dans les pays pauvres.
Ainsi la question du développement durable constitue-t-elle un nouveau défi pour la coopération entre le Nord et le Sud. La menace que fait peser l'écart croissant de richesse entre les pays les plus pauvres et les pays les plus riches est ici bien réelle. Comme le soulignait la Banque mondiale dans son Rapport sur le développement de 1992, l'opposition entre développement économique et gestion rationnelle de l'environnement est une idée fausse. Il n'existe pas de protection de l'environnement sans développement viable. La lutte contre la pauvreté est à la fois un impératif moral et une nécessité pour la sauvegarde de notre planète.

vendredi 18 mai 2007

Sarko, ça commence doux mais juste le temps de la tempête



Et petit à petit le royaume sorkoland prend forme, c'est le temps des fouilles et des fondations, aprés les ouvriers disparaitront. Il n y aura de place que pour les proches.

vendredi 11 mai 2007

باريس تجرّد جزائريين من الجنسية الفرنسية وترحلهم إلى الجزائر



تزعم أنهم يحضرون لأعمال إرهابية في باريس وأوروبا


الجزائر: عاطف قدادرة
2007-05-10

أفادت مصادر مطلعة أن القضاء الفرنسي نزع الجنسية الفرنسية عن سبعة جزائريين، بموجب تقارير استخباراتية، تزعم فيها أنهم مشتبه في ضلوعهم ضمن مجموعة تستعد لتحضير أعمال إرهابية في فرنسا ودول أوروبية· وكشفت المصادر نفسها أن اثنين من ضمن المجموعة المذكورة ''قد طردا'' نحو الجزائر في أفريل الفارط، بعد أن سحبت منهم الجنسية الفرنسية·
وصدرت في حق بعضهم قرارات نهائية ''بمنع دخول التراب الفرنسي مدى الحياة''، ومنهم من تقرر في حقه ''الحرمان من الحقوق المدنية والشخصية المتعلقة بعائلته لفترات تتراوح ما بين 6 إلى 10 سنوات''، وذكرت مصادرنا أن من ضمن أفراد المجموعة، الموجه لها عدة تهم في ملف قضائي تحصلت ''الخبر'' على نسخة منه، شخص فرنسي الأصل والجنسية يدعى ''جوهان بونت''، وبدوره تقول الاستخبارات الفرنسية إنه ''شارك في تشكيل جمعية أشرار تحضر لأعمال إرهابية في كل من بريطانيا، ألمانيا، بلجيكا، هولندا وباريس''·
وكشفت مصادرنا أن المجموعة اعتقلت لأسباب تتعلق بروابط صداقة أو جوار لا أكثر، مع الجزائري ''بغال جمال'' وهو مزدوج الجنسية ''42 سنة وينحدر من ولاية برج بوعريريج''، المعتقل لدى السلطات الفرنسية منذ سنوات، والمتهم أصلا بالمشاركة في تحضير أعمال إرهابية، في دول باكستان وأفغانستان، والإمارات العربية المتحدة، وأخرى أوروبية على غرار بريطانيا وألمانيا وإسبانيا وأيضا فرنسا، ويرجح أن ''يطرد'' هو كذلك نحو الجزائر، لورود اسمه ضمن الملف ذاته الذي تحصلت عليه ''الخبر''·
وجاء في تقارير الأمن الفرنسي عبر ''أكثر من 130 صفحة''، أن كلا من مزدوجي الجنسية ''جمال بغال''، ''بونور ن، 37 سنة وينحدر من ولاية سكيكدة''، ''لفقير· ع، 39 سنة وينحدر أيضا من برج بوعريريج''، ''د· ك، 33 سنة ينحدر من سدراتة ولاية سوق أهراس''، و''ر ب، 38 سنة وهو أيضا من برج بوعريريج''، ساهموا في تشكيل مجموعة إرهابية في دول أوروبية عديدة، بالإضافة إلى الفرنسي ''جوهان بونت''، والملاحظ حسب التقرير، أن أفراد المجموعة جميعهم ''قد اعتقلوا أياما فقط عقب هجومات 11 سبتمبر 2001 التي استهدفت الولايات المتحدة الأمريكية''، وبدا اهتمام الاستخبارات الفرنسية كما يوضحه التقرير، بحركات رأتها مشبوهة عبر عدد من المساجد بالأحياء التي تسكنها الجاليات العربية سيما بحي ''بارباس بباريس''· واللافت للانتباه أن التقرير يذكر أسماء كثيرة ''لفرنسيين اعتنقوا الإسلام مما جعلهم محل شبهة''·
ويطول التقرير في سرد وقائع على ألسنة أفراد ما تصفه بالمجموعة التي تحضر لأعمال إرهابية، ويسلط الضوء على تنقلات أفرادها عبر دول أوروبية، سيما في بريطانيا ولقاءاتهم بمفتي الجماعات الإرهابية، الأردني عمر محمود عثمان أبو عمر المدعو ''أبو قتادة''، لاسيما كما جاء بالنسبة لـ''جمال بغال''· وتحصلت ''الخبر'' من ناحية أخرى على رسالة تحمل توقيع أحد ''المطرودين'' وجهها إلى رئيس الجمهورية، عبد العزيز بوتفليقة، قبل ''ترحيله إلى الجزائر الشهر الفارط''، ينطلق فيها من القول ''أتوجه إليكم نيابة عن كل الجزائريين الحاصلين على الجنسية الفرنسية أو الذين من دونها''، ويتابع فيها ''الإرهاب أصبح الذريعة الأولى للفرنسيين لطرد الجزائريين نحو بلدهم الأصلي''·
ويذكر صاحب الرسالة، ''لست وحدي في مركز للحجز بل هناك الكثير من الجزائريين''، ويقصد المعني المراكز التي يحتجز فيها المعنيون، لمدة تدوم لأشهر عقب خروجهم من السجن وذلك استعدادا لترحيلهم في انتظار سحب الجنسية الفرنسية منهم·

Le militaire israélien: ministre de l'immigration et de l'identité nationale française

LE MILITAIRE ISRAÉLIEN ARNO KLARSFELD BIENTÔT MINISTRE DE "L’IDENTITÉ NATIONALE" ?


Publié le 8-05-2007

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Le policier israélien Arno Klarsfeld est bien placé pour être choisi comme titulaire du nouveau ministère promis par Sarkozy, celui de "l’Immigration et de l’Identité Nationale", selon Le Figaro.

L’homme, il est vrai, a bien le profil requis pour exercer un tel emploi, fondé sur la xénophobie, la stigmatisation et la répression des immigrés, que ces derniers soient étrangers ou de nationalité française.

En 2003-2004, Arno Klarsfeld, avocat de formation mais aussi propagandiste fanatique du gouvernement israélien, a tenu à faire un service militaire dans l’armée israélienne. Il a ainsi été membre des gardes-frontières, un corps qui ne garde aucune frontière puisqu’Israël ne s’en reconnaît pas, mais dont le rôle a toujours été d’opprimer et de pourchasser la population civile palestienne. En l’occurrence, Klarsfeld a "servi", non pas en Israël, non pas sur une quelconque frontière, mais dans la ville palestinienne occupée de Bethléhem, en Cisjordanie. Ce faisant, Klarsfeld s’est rendu coupable, à tout le moins, de complicité de crimes de guerre.

Rentré en France, il propose ses services à Sarkozy, qui lui demande dans un premier temps de l’aider à torpiller la protestation montante contre la loi du 23 février 2005 vantant les "bienfaits" de la colonisation française. Ce sera un fiasco : malgré quelques apparitions devant des caméras obséquieuses, Klarsfeld devra battre en retraite, et la loi inique (son article le plus scandaleux, en tout cas) sera quand même abrogée début 2006.

Plus pervers sera le rôle de Klarsfeld dans le dispositif créé par Sarkozy, à l’été 2006, pour identifier et ficher un maximum de sans-papiers. Klarsfeld, officiellement "Monsieur Bons Offices" dans cette affaire, va contribuer, par ses déclarations lénifiantes, à attirer dans les préfectures un grand nombre de familles convaincues qu’elles remplissent les critères annoncés publiquement pour prétendre à une régularisation, alors même que les dés étaient pipés depuis le début. En clair, Klarsfeld a sciemment joué dans cete affaire un rôle de rabatteur pour la police de Sarkozy.

Dans l’intervalle, le triste sire avait trouvé le temps pour gagner un peu d’argent, comme avocat de la SNCF, poursuivie par des descendants de déportés juifs pour le rôle -tristement incontestable- joué par l’entreprise ferroviaire dans le transport des victimes vers les camps de la mort pendant la deuxième guerre mondiale.

Par CAPJPO-EuroPalestine
http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2624

mercredi 9 mai 2007

L'identité nationale selon Sarko: sionisme et xénophobie

Le conseiller de sarko sur le thème de l'identité nationale est un sioniste franco-isrélien. Arno Klarsfeld s'est engagé comme volontaire pour servir dans tshal qui tuent quotidiennement des enfants et des femmes palestiniens.
Ce glissement de la classe politique de droite en France est grave. Il menace la France elle même qui fut de puis DeGaulle la voix de la raison (en quelque sorte).
La PRISE DE L'ÉLYSÉE par le petit sarko est dûe au calculs calaniques pour préserver des postes et des intérêts. Le CHASSEUR sarko sur le terrain de lepen n'a respecté aucune morale, la fièvre du pouvoir rend aveugle....Regardez vous même c'est révoltant....

lundi 7 mai 2007

LA MONDIALISATION SELON LES AMÉRICAINS


Cet enfant Afghan n'a rien demandé aux groupes d'intérêts et aux faucons de la maison blanche pour réduire son pays à cet état. un monde où des situatiosn pareilles sont possibles est un monde faux, fou, injuste et dangereux pour tous, car le déséspèré est prêt à tout absolument à tout....

mercredi 2 mai 2007

L'EFFICACITÉ DES MARCHÉS REMISE EN QUESTION

La Banque mondiale en passe de réhabiliter le rôle de l'Etat
LEMONDE.FR | 20.04.07 | 06h44 • Mis à jour le 20.04.07 | 11h23

a Banque mondiale change d'ère. Son prochain Rapport mondial annuel sur le développement, qui doit être rendu public en septembre, encourage les gouvernements des pays pauvres à encadrer et à soutenir leurs paysanneries, prenant à contre-pied la doctrine néo-libérale "d'ajustement structurel" défendue par le bailleur de fonds international depuis une génération. Pour la première fois depuis 1982, ce rapport, qui oriente la stratégie de la Banque mondiale, se concentre sur l'agriculture. Délaissée par les politiques de lutte contre la pauvreté, l'aide au secteur agricole redevient un enjeu majeur.

La version provisoire du World development report 2008 dont Le Monde.fr a eu connaissance débute par un constat : "Il est frappant de voir que les trois quarts des pauvres des pays en développement sont des ruraux : 2,1 milliards d'individus vivent en dessous du seuil de pauvreté de 2 dollars par jour, soit un tiers de l'humanité (...). Bien que l'agriculture ne soit pas le seul instrument capable de les sortir de la pauvreté, c'est une source hautement efficace de croissance pour y parvenir."

"LES BAILLEURS ONT TOURNÉ LE DOS À L'AGRICULTURE"

Suit un diagnostic qui sonne comme l'aveu d'un fourvoiement : "Malgré cela, la puissance de l'agriculture pour le développement a trop souvent été sous-utilisée. Avec la domination de l'industrialisation dans le débat politique, le développement par l'agriculture n'a souvent même pas été considéré comme une option. Les pays en développement connaissent très fréquemment un sous-investissement et un mal-investissement dans l'agriculture, de même que des travers politiques qui jouent à l'encontre de l'agriculture et des populations rurales pauvres. Et les bailleurs ont tourné le dos à l'agriculture. Cet abandon de l'agriculture a eu des coûts élevés pour la croissance, le bien-être et l'environnement."

Le rapport, en cours de validation par les Etats membres de la Banque, est examiné par le ministère des affaires étrangères français depuis le début du mois d'avril. Même si son contenu peut encore évoluer (et être édulcoré), "la Banque mondiale est déterminée à entériner cette évolution historique de son discours", atteste un haut responsable du bailleur de fonds international à Washington.

Le Français Michel Griffon, responsable de l'agriculture et du développement durable au sein de l'Agence nationale de la recherche, se réjouit d'un tel revirement, "qui devrait orienter l'action de la Banque mondiale pour vingt ans". "C'est le document que nous attendions de la Banque mondiale depuis plus de vingt ans, depuis que les politiques d'ajustement structurel ont balayé les politiques publiques agricoles antérieures sans les remplacer", applaudit-il.

FIN DU "CONSENSUS DE WASHINGTON"

Constatant que la part de l'agriculture dans les dépenses publiques a reculé entre 1980 et 2004, que ce soit en Afrique (de 6,4 % à 5 %), en Amérique Latine (de 14,8 à 7,4 %) ou en Asie (de 8 à 2,7 %), le texte de la Banque mondiale insiste sur la nécessité de relancer ces aides. "La croissance agricole, bien que conduite par le secteur privé et le marché, est très dépendante du soutien du secteur public. C'est pourtant dans les pays où l'agriculture est la plus vitale que les Etats tendent à être les plus faibles. (...) La mise en place de politiques de développement agricole réclame de solides stratégies nationales et une administration publique œuvrant en faveur d'une distribution et d'une responsabilité financière efficaces (...)."

Vincent Ribier, du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, a participé à une réunion d'experts sur le rapport au Quai d'Orsay le 6 avril dernier. Impressionné par ce changement de ton, il affirme : "Les politiques néo-libérales d'ajustement structurel défendues par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont eu un impact très direct et très négatif sur le monde rural dans les pays pauvres."

Selon cet économiste, la Banque mondiale s'apprête à sceller pour la première fois dans un rapport international majeur "la fin du consensus de Washington", qui résume depuis 1989 la stratégie des experts de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et du département du Trésor américain : privatisation, déréglementation, impôts faibles, libéralisation des échanges. L'un des auteurs principaux du rapport confirme : "On s'est clairement placés au-delà du consensus de Washington, parce que la pauvreté n'a pas reculé, et que maintenant il y a l'urgence environnementale."

A l'heure où selon les Nations unies, l'exode rural n'a jamais été aussi rapide dans l'histoire, la nouvelle ligne adoptée par le rapport de la Banque mondiale trouve son origine dans le constat de nouveaux périls. "L'accélération du changement climatique, l'imminence d'une crise de l'eau, la lente adoption des nouvelles biotechnologies, et le bourgeonnement de la demande de biocarburants et d'aliments pour le bétail créent de nouvelles incertitudes sur les conditions dans lesquelles la nourriture sera disponible dans l'économie mondiale", prévient la Banque mondiale.

Making Globalization Work," Joseph Stiglit


openDemocracy
Joseph Stiglitz's new model for globalisation.

"Making Globalization Work"

by Joseph Stiglitz

WW Norton | September 2006 | ISBN 0393061221

Click here to read an interview with Joseph Stiglitz discussing his new book

Extract from the preface to "Making Globalization Work"

This book reflects my faith in democratic processes; my belief that an informed citizenry is more likely to provide some checks against the abuses of the special corporate and financial interests that have so dominated the globalization process; that ordinary citizens of the advanced industrial countries, as well as of the developing world, share a common interest in making globalization work. I hope that this book, like its predecessor, will help transform the globalization debate, and, ultimately, the political processes which shape globalization.

Globalization is the field on which some of our major societal conflicts - including those over basic values - play out. Among the most important of these conflicts is that over the role of government and markets.

Today, by and large, there is (at least among economists, if not among politicians) an understanding of the limitations of markets. The scandals of the nineties in America and elsewhere brought down "Finance and Capitalism American Style" from the pedestal on which they stood for too long. More broadly, Wall Street's perspective, which is often shortsighted, is being recognized as antithetical to development, which requires long-term thinking and planning.

There is also a growing recognition that there is not just one form of capitalism, not just one "right" way of running the economy. There are, for instance, other forms of market economies - such as that of Sweden, which has sustained robust growth - that have led to quite different societies, marked with better health care and education and less inequality. While Sweden's version may not work as well elsewhere, or may not be appropriate for a particular developing country, its success demonstrates that there are alternative forms of effective market economies. And when there are alternatives and choices, democratic political processes should be at the center of the decision making - not technocrats. One of my criticisms of the international economic institutions is that they tried to pretend that there were not trade-offs - a single set of policies made everyone better off - while the essence of economics is choice, that there are alternatives, some of which benefit some groups (such as foreign capitalists) at the expense of others, some of which impose risks on some groups (such as workers) to the advantage of others.

Among the central choices facing all societies is the role of government. Economic success requires getting the balance right between the government and the market. What services should the government provide? Should there be public pension programs? Should government encourage particular sectors with incentives? What regulations, if any, should it adopt to protect workers, consumers, and the environment? This balance obviously changes over time, and will differ from country to country. But I shall argue that globalization, as it has been pushed, has often made it more difficult to obtain the requisite balance.

I also hope to show that while globalization's critics are correct in saying it has been used to push a particular set of values, this need not be so. Globalization does not have to be bad for the environment, increase inequality, weaken cultural diversity, and advance corporate interests at the expense of the well-being of ordinary citizens. In Making Globalization Work, I attempt to show how globalization, properly managed, as it was in the successful development of much of East Asia, can do a great deal to benefit both the developing and the developed countries of the world.

Attitudes toward globalization, and the failures and inequities associated with the way it has been managed, provide a Rorschach test for both countries and their people, revealing their fundamental beliefs and attitudes, their perspectives on the role of government and the market, the importance they attach to social justice, and the weight they put on noneconomic values.

Economists who place less importance on reducing income inequality are more prone to think that the actions governments might take to reduce that inequality are too costly, and may even be counterproductive. These "free market" economists are also more inclined to believe that markets, by themselves, without government intervention, are efficient, and that the best way to help the poor is simply to let the economy grow - and, somehow, the benefits will trickle down to the poor. (Interestingly, such beliefs have persisted, even as economic research has undermined their intellectual foundations.)

On the other hand, those who, like me, think that markets often fail to produce efficient outcomes (producing too much pollution and too little basic research, for instance) and are disturbed by income inequalities and high levels of poverty, also believe that reducing that inequality can cost less than the conservative economists predict. Those who worry about inequality and poverty also see the enormous costs of not dealing with the problem: the social consequences, including alienation, violence, and social conflict. They are also more sanguine about the possibilities for government interventions; while governments sometimes, or even often, are less efficient than one might have hoped, there are notable instances of success, several of which I discuss in the pages that follow. All human institutions are imperfect, and the challenge for each is to learn from their successes and failures.

These perspectives on the importance of dealing with inequality and poverty are mirrored in differences in views about their origins. By and large, those who are concerned about inequality see much of it as arising out of luck - the luck of being born with good genes or with rich parents (the "sperm lottery"), or the luck of buying a piece of real estate in the right place at the right time (just before oil is struck, or before a local real estate bubble develops). Those who are less concerned feel that wealth is a reward for hard work. In this view, redistribution of income not only takes away incentives for work and savings but is almost immoral, for it deprives individuals of their just rewards.

Paralleling these positions are stances on a host of other issues. Those who are less concerned about inequality and more concerned about economic efficiency tend to be less concerned with noneconomic values such as social justice, the environment, cultural diversity, universal access to health care, and consumer protection. (There are many exceptions, of course - conservatives, for instance - who worry about the environment.)

I emphasize these connections between economic and cultural attitudes to emphasize how much it matters to whom we entrust key aspects of economic decision making. If one delegates decision making to "conservatives," almost inevitably one will get economic policies and outcomes that reflect their political interests and cultural values. This book obviously reflects my own judgments and values; at least, I hope to be transparent, and present both sides of the ongoing economic debates.

Saving Globalization from Its Advocates

Some seventy years ago, during the Great Depression, the British economist, John Maynard Keynes, formulated his theory of unemployment, which detailed how government action could help restore the economy to full employment and growth. Keynes was vilified by conservatives, who saw his prescription as increasing the role of government. They seized on the budget deficits that inevitably accompany a downturn as an occasion to cut back on government programs. But Keynes actually did more to save the capitalist system than all the pro-market financiers put together. Had the advice of the conservatives been followed, the Great Depression would have been even worse; it would have been longer and deeper, and the demand for an alternative to capitalism would have grown. By the same token, I believe that unless we recognize and deal with the problems of globalization, it will be difficult to sustain its current momentum.

Globalization, like development, is not inevitable - even though there are strong underlying political and economic forces behind it. By most measures, between World War I and World War II, both the pace and extent of globalization slowed, and even reversed. For example, measures of trade as a percentage of GDP actually declined. If globalization leads to lower standards of living for many or most of the citizens of a country, and if it compromises fundamental cultural values, then there will be political demands to slow or stop it.

The path of globalization will, of course, be changed not only by the force of ideas and experiences (ideas about whether trade or capital market liberalization will improve growth and the actual experiences with these reforms, for example) but also by global events. In recent years, 9/11 and the war on terrorism, the war in Iraq, and the emergence of China and India have all redefined the globalization debate in ways that I will discuss.

This book is as much about how politics has been used to shape the economic system as it is about economics itself. Economists believe that incentives matter. There are strong incentives - and enormous opportunities - to shape political processes and the economic system in ways that generate profits for some at the expense of the many.

Open, democratic processes can circumscribe the power of special interest groups. We can bring ethics back into business. Corporate governance can recognize the rights not only of shareholders but of others who are touched by the actions of the corporations. An engaged and educated citizenry can understand how to make globalization work, or at least work better, and can demand that their political leaders shape globalization accordingly. I hope this book will help make this vision a reality.


THE IMF (FMI) and GLOBALIZATION


Stiglitz, the IMF and Globalization
A Speech to the MIT Club of Washington
By Thomas C. Dawson
Director, External Relations Department
International Monetary Fund

1. Thank you for the invitation to talk to you this evening. I'm told that your fellow MIT alum Joseph Stiglitz addressed this group a couple of years ago and used his time to say some nice things about the IMF. The organizers of this evening's entertainment thought it would be fun if I repay his kindness.

2. The title of my talk is "Stiglitz, the IMF and Globalization". My preference would have been to talk about these three topics in the reverse order from which they appear in the title and to have run out of time by the time I got to the third. Instead, because Stiglitz has been so prominent in the press in recent years, and so critical of the IMF, I have to devote the bulk of my talk to responding to his attacks on us. My defense for getting into the fight is the classic one: "He started it!". I hope there will be time at the end to discuss the far more important issue of how to make globalization work for all, an issue on which Stiglitz and the IMF share common ground.

3. In the very unlikely event that you haven't heard of us, let me just say that the IMF is a multilateral agency with two main jobs: first, to help preserve global economic and financial stability and, second, to assist in the global war on poverty.

4. And for the few among you who may not heard of Joe Stiglitz, he is a noted academic economist. Since he addressed your group, he's won the Nobel Prize, an honor his fellow economists, who rarely agree on anything, agree he completely and richly deserves. Joe has also gone from being the Chief Economist of the World Bank to Chief Critic of the IMF.

5. One of the many things that he criticizes us for is dispensing policy advice without taking on board the lessons of the academic work that won him the Nobel. Stiglitz evidently feels that being a top-notch academic economist is ample qualification for being a good policymaker. The fact is that Joe got a late start in policymaking and shows it. Policymaking requires a different skill set from academic theorizing. Joe's skills as a policymaker are vastly improved by hindsight, something his former boss Jim Wolfensohn alluded to when he said about Joe: "To stand back later and say, "If you'd done it my way everything would have been different," is a little generous to yourself."

6. Stiglitz has recently written a book called "Globalization and its Discontents". Despite its general title, the book is mostly about the IMF, not a major critique of globalization. The Economist, said in its review that a more accurate title for the book would have been "The IMF and My Discontent."

7. My bean-counting assistant noted that the index to the book has some 64 references to globalization, whereas references to the IMF-almost all critical-total 340. That works out to over one alleged mistake committed by the IMF per page. You'd think by sheer accident we'd have gotten a couple of things right.

8. That's my bottom-line message: You can't judge a book by its cover. There are two books in here:

  • the first is a haphazard list of allegations against the IMF. Buried amidst the half-truths and some nasty (and false) allegations are a few valid criticisms of the IMF. Stiglitz tries to provide a grand theme for all this by claiming that all these mistakes are due to the IMF's slavish devotion to what he calls "market fundamentalism". He is simply wrong in this view. I won't have time to delve too much into specific allegations here but I will tell you why the overall criticism is wrong.
  • the second book, matching the advertised title of "Globalization and its Discontents", is a discussion of the benefits and risks of globalization. Stiglitz's views here are quite mainstream and the IMF and many other observers would be in substantial agreement with him.

9. Let me begin with Stiglitz's overarching critique of the IMF, that it is driven by "market fundamentalism". Stiglitz accuses the IMF of being driven by a belief in the perfection of markets and the imperfection of governments. The accusation is simply wrong. IMF staff are well aware that they owe their jobs to the imperfections of markets.

10. What is probably true is that the staff of the IMF (and the World Bank) have over time become more confident about the ability to use markets to serve the public interest. What caused this shift? Quite simply, the evidence. Through the 1980s, central planning represented an important alternative to markets as a way of organizing economies. The collapse of the Soviet Union and the fall of the Berlin Wall suggested to many that markets, whatever their faults, were a more durable way of organizing a country's economy. This feeling was reinforced by the good economic performance of the United States and the United Kingdom, both of which had moved to more market-oriented systems during the 1980s.

11. While these monumental changes were going on in the world economy, Stiglitz was hard at work in academia illuminating in a remarkable series of papers the flaws of market economies. As the award of the Nobel Prize attests, those papers are surely important contributions. But it cannot come as a surprise that, given the sweeping historical developments that I have described, the practical lessons being applied in the policymaking realm involved making more, rather than less, use of markets to solve economic problems.

12. The great British economist John Maynard Keynes, who Stiglitz greatly admires, once said in replying to a critic: "When I get new information, I change my opinions. What, sir, do you do with new information?" One is tempted to ask Joe Stiglitz why, despite the new information about the fall of central planning, there has not been a transition in his views about the relative prevalence of market and government failure.

13. Other eminent economists have made the transition. Larry Summers, former U.S. Treasury Secretary and currently President of an university in Cambridge whose name escapes me, is one example. He said, in an interview, that when he was growing up Milton Friedman was the devil incarnate in his household. But now, Summers said, he has ungrudging respect for Friedman's views about the market.

14. The IMF's critics on the right find the allegation that the IMF is driven by market fundamentalism completely ludicrous. For instance, listen to what Brink Lindsey of the Cato Institute, the true home of market fundamentalism, says in his review of the book in the Wall Street Journal. Lindsey writes that for Stiglitz to accuse the IMF of market fundamentalism "is misleading to the point of absurdity ...There's nothing in his book that suggests even a whisper of the many profound disagreements between the "disciples of Milton Friedman," as he calls them, and the IMF's economists. Such disagreements do not fit well with Mr. Stiglitz's ax-grinding, and so, apparently, he decided to leave them out."

15. Not only is the overarching criticism incorrect, notes Lindsey, but the examples that Stiglitz provides of how market fundamentalism led the IMF astray are vastly over-blown. According to Stiglitz, Russia's difficult transition from communism, worsening poverty in Africa, the collapse of Argentina's economy--these all are manifestations of what happens when the IMF's market fundamentalists get their way. The fact is that there are all very complex situations on which there was, and remains to this day, plenty of disagreement about the right way to do things and who is to blame for things that have gone wrong. The IMF deserves its share of the blame, but so do many others.

16. In fact, many of Stiglitz's criticisms should apply with equal force to our sister institution, the World Bank. Issues related to privatization, the quality of a country's institutions, consideration of alternate strategies to alleviate poverty-these are all areas where our sister institution tends to be what's called the "lead agency". But, as the New York Times noted in its review, the Bank "is spared the searing indictment that Professor Stiglitz reserves for the IMF ... Not surprisingly, part of the book's purpose seems to be an attempt to ensure that events during his World Bank tenure do not besmirch his own reputation. In the process, one suspects that some score-settling may well be in play."

17. As part of this score-settling, Stiglitz has made some very mean-spirited observations about Fund staff and officials, past and present. One charge in particular should not go unanswered, particularly before this audience. Stiglitz notes that Stanley Fischer, the former deputy head of the IMF and former MIT professor of economics, went straight from the IMF to Citigroup. Stiglitz adds: "A chairman of Citigroup was Robert Rubin who, as secretary of Treasury, had a central role in IMF policies. One could only ask, Was Fischer being richly rewarded for having faithfully executed what he was told to do?" To anyone who knows Fischer's utter devotion to institutions he works for, whether it was the IMF or MIT, the suggestion that he used twisted IMF policies to ensure a job at Citicorp is repugnant. Stiglitz surely knows that Fischer is regarded as a man of unimpeachable integrity and yet he cannot resist the jibe at him.

18. I also take strong exception to the portrayal of IMF staff as uncaring bureaucrats serving the narrow interests of the Western financial community. Stiglitz implies that IMF staff see the unemployed "as just a statistic ... the unintended casualties in the fight against inflation or to ensure that Western banks get repaid." He suggests that IMF staff, like the pilots of "modern high-tech warfare" who drop "bombs from 50000 feet", have no feelings for the people whose lives are affected by their policies. The IMF's staff are drawn from nearly a 150 countries; many are acutely aware of the pain and suffering of the people of developing countries and want the situation in these countries to get better. Stiglitz has not cornered the market on morality and caring. Another Stiglitz refrain is that IMF staff "make themselves comfortable in five-star hotels" in the countries they visit for missions. If, as Stiglitz recommends in his book, the IMF and the World Bank become subject to some sort of a Freedom of Information Act, many IMF staff will rush to ask for the release of Stiglitz's own travel and hotel records during his years as a World Bank staffer: Given the shrillness of his complaints about others staying in five-star hotels, we fully expect to find that Stiglitz has been leading by example and staying in places several notches lower.

19. Stiglitz has also attacked the competence of IMF staff, once characterizing them as "third-rank students from first-rate universities." This provoked Rudi Dornbusch, a famous MIT professor of international economics, into responding that "at Harvard and MIT, and everywhere else, fresh Ph.Ds who can't get jobs at the top 5 universities in the world will pick the World Bank or the IMF. And that is all for the better. Anyone likely to be picked as top draft choice by the top schools may be a trifle too theoretical for the cruder world of policymaking. Stiglitz himself with his predilection for the intriguing exceptions rather than the general rule is a great case in point."

20. OK, enough of the food-fight. Let me shift to a more positive tone and acknowledge the validity of some of the criticisms Stiglitz makes of the IMF. As I noted earlier, the IMF's has two main tasks: first, to help preserve global financial stability and, second, to assist the World Bank and others in the global war on poverty. The critiques by Stiglitz (and others) on some of our failures on both of these fronts, while not accurate down to every last detail, are well-taken.

21. One criticism is that the U.S. Treasury and the IMF showed excessive zeal in encouraging countries to open up to short-term foreign capital in the mid-1990s. The critics say that the entry, and often the subsequent hasty exodus, of foreign capital into economies which are too small or whose financial sectors are ill-equipped to regulate and absorb the capital can be devastating. Is this a valid characterization? It's useful to recall a bit of history first. When the IMF was created in 1944, its founders envisioned a world with free trade but with restrictions on movement of capital across countries. In the jargon, current accounts were to be open, but capital accounts closed. There is no denying that the vision of the world being promoted by the IMF in the mid-1990s was different: at the 1997 IMF-World Bank meetings the proposal on the table was to make eventual deregulation of international capital flows obligatory for IMF members. In the case of Korea, the U.S. Treasury did press (albeit with lack of success) for broad capital account liberalization in the context of the country's OECD accession.

22. But while Stiglitz's characterization of a greater push toward capital account liberalization is broadly correct, it is inaccurate in many important details. The IMF and the U.S. Treasury did not encourage countries to liberalize short-term flows through the banking sector, which is what turned out to be the Achilles Heel during the Asian crisis. And many countries liberalize for their own reasons rather than as a consequence of external prodding-Thailand for instance was keen to have Bangkok emerge as international financial sector like Singapore. Nevertheless, as a result of the criticism by Stiglitz and others, the IMF is more vocal in pointing out the risks of rapid capital account liberalization. While such cautionary notes have always been present in IMF advice on capital account liberalization, today they are much more likely to be given greater prominence. For instance, three weeks ago, although unnoticed by anyone in the international media but the Dow Jones newswires, we advised Sri Lanka against opening up its capital account until its financial sector was further strengthened.

23. Other aspects of our handling of the financial crisis in Asia have also come for criticism from Stiglitz and others. We've acknowledged that we made mistakes in our initial response to the crisis. As anyone who has been centrally involved in crisis situations will tell you, battlefield medicine is never perfect. We were surprised by the speed and virulence with which the crisis spread to many countries in the region. The experience revealed the IMF had not kept up with the rapid developments in international capital markets, a deficiency it has tried to rectify through a number of steps taken over the last couple of years.

24. Our most glaring error, according to many observers, was to recommend excessive belt-tightening to Thailand at the start of the crisis. It is worth recalling that in July 1997, Thailand was still growing rapidly, had a huge and growing current account deficit (more than 8 percent of GDP), and faced large, though as yet unrecognized, fiscal liabilities to recapitalize the financial system. It was against this background that the Imf recommended a roughly-unchanged fiscal position. However, once the scope of the crisis became evident, we quickly changed course. Indeed, IMF-supported programs in Thailand and other crisis countries were soon marked by large budget deficits, in part because of increases in spending on social safety net programs. This is exactly the kind of easing of fiscal policy Stiglitz advocates.

25. There is another, more technical, debate about which there is still no meeting of the minds between Stiglitz and others. This debate has to do with the appropriateness of the IMF's advice on monetary policy during the Asian crisis. The IMF and many others continue to disagree with Stiglitz's assertion that it is obvious that monetary policy must also be eased at the onset of a financial crisis. As Larry Summers noted recently, "when a country's exchange rate is declining rapidly because capital is trying to leave the country, and the country's financial institutions are in real trouble, there is a fundamental conflict between restoring external confidence by raising interest rates and providing for financial repair through increased liquidity. It's a classic problem of a single instrument and multiple targets. Confidence is widely recognized as essential in combating financial crises." Others have taken similar positions. Dornbusch for instance says that "investors will take confidence and bring money back when they see fiscal conservatism and high interest rates. Do that for a few months and you are on the right track." Our former chief economist Michael Mussa said in his typically colorful language that those who advocate easing monetary policy at the onset of a financial crisis are smoking something "not entirely legal". So the point is that there isn't a professional consensus on this topic. What's needed is honest debate and a closer look at the evidence, not polemics.

26. The experience of more recent financial crises, such as the one in Argentina, suggest that our existing mechanisms to resolve crises in a rapid and orderly fashion do not work smoothly. One problem is that governments do not deal with their sovereign debt problems promptly; the situation is often allowed to fester until a crisis is precipitated. Our current deputy head Anne Krueger has suggested creating a statutory mechanism to secure a more orderly and timely restructuring of unsustainable sovereign debts. For those of you who may have been following this issue, the mechanism being proposed is to empower a super-majority of creditors to take key decisions in the restructuring process in negotiation with the debtor. Stiglitz has been quite supportive of the general idea of having a sovereign debt restructuring mechanism.

27. With respect to our other main task, poverty alleviation, Stiglitz notes that the IMF and the World Bank have recently launched a new approach. This is a more "participatory" approach, one which involves the country's government and its civil society at an early stage in measuring the size of the poverty problem and in devising development strategies to reduce poverty. We get a rare compliment here when Stiglitz says that even though participatory assessments are not yet being perfectly implemented "they are a step in the right direction". He also notes correctly that if the gap between the rhetoric and reality of the new poverty strategy "persists for too long or remains too great, there will be a sense of disillusionment."

28. As promised, let me finish with a brief discussion of globalization, the supposed subject of the book. Stiglitz provides a mainstream, but nonetheless eloquent and clear, description of the benefits of globalization. He notes that "opening up to international trade has helped many countries grow far more quickly than they would otherwise have done. ... Because of globalization many people in the world live longer than before and their standard of living is far better." ... "People in the West may regard low-paying jobs at Nike as exploitation" but, says Stiglitz, "working in a factory is a far better option for many than growing rice" on the farm. It is also the case, says Stiglitz, that globalization "has reduced the sense of isolation felt in much of the developing world and has given many people in the developing world access to knowledge well beyond the reach of even the wealthiest in any country a century ago." With all of this, we couldn't agree more.

29. However, the benefits of globalization are spread very unevenly. In Africa the high expectations that people had for the continent following colonial independence remain unfulfilled. Growth in many countries in Latin America has yet to be placed on a secure footing. India is only just emerging from decades of economic slumber. As a consequence, many millions of people throughout the developing world remain mired in poverty. People disagree on the solutions to this problem. Even Larry Summers, not easily stumped, admits that "he doesn't have it all figured out"; however, he thinks "that in the developing world, far more people are poor because of too little globalization rather than too much, and far more people are poor because of a lack of economic reform rather than because of excessively rapid economic reform." Others such as Stiglitz feel that there has been too much of a "one-size-fits all" approach taken to development, and that market reforms have been pushed with excessive zeal and haste; he says that countries must be free to experiment with alternatives and follow paths that best suit their situations and needs.

30. While there are no easy answers, one concrete step could be taken to help the situation considerably, and that is for developed countries to lower the trade barriers they have against precisely those products in which the developing countries have a comparative advantage. On this particular issue, the relevant portions of Stiglitz's book read like passages from speeches by the IMF's Managing Director.

31. Let me end on that note of harmony.